A Chalmessin, il y a cent ans

En 1921, à Chalmessin, …


… on dénombre 70 individus qui se répartissent en 24 ménages (4 maisons sur les 28 que compte le village sont inoccupées) ; le maire Gardien signe le registre du recensement.
Tous habitent le village ; la maison de l’étang sur la route de Villemervry à Lamargelle est maintenant inoccupée depuis les décès des 3 frères Aubertot, et le départ de leur bonne Marie Clerc.

9 familles ont pour chef de ménage (c’est le terme utilisé à l’époque) un Masson ; ils sont natifs du village. 5 de ces Masson sont maçons (Paul et son fils Marcel avec Ephrem, Louis avec Irénée, et Marie Joseph), ou cultivateurs (Lucien, Édouard, Victor), ou aubergiste (Alfred). Avec 34 personnes, les Masson représentent la moitié du village.

Viennent ensuite les familles Gardien, celle d’Émile le maire et celle de son père Gustave, cultivateurs ; ce dernier est né à Cussey-les-Forges.
Originaires de Chalmessin, Minot Léon avec sa femme Marie Alix (de Musseau) et sa mère Julie, et les frères Monniot Félix et Noël, sont également cultivateurs.
Un autre cultivateur du village est Paul Dumont, né à Maulain, avec sa femme Madeleine de Saône-et-Loire et leurs 2 enfants : Simone 15 ans et Louis 10 ans.

Les autres habitants sont venus s’installer à Chalmessin à la suite de leur mariage comme Louis Lecreux (avec sa femme Alice et son fils) qui est menuisier, né à Corgirnon, ou à cause de leur travail.
Des bûcherons comme Honoré Sauvageot (veuf de 68 ans) de Vaillant, ou Marie Camille Curel de Maisoncelles (sa femme Marie est née à Merrey), il travaille avec son fils Camille pour le patron Couturier de Langres. Venus de plus loin, de Haute-Loire, la famille de François Sentenas et sa femme Anastasie, qui est scieur de long avec ses 3 fils Joseph, François et Basile.
Thérèse Jacquot, âgée de 33 ans, célibataire, l’institutrice est venue de Coiffy-le bas.
Il y a un épicier, René Goblot de Frécourt ; sa femme Léontine, née à Auberive est sage-femme.
Toutes les deux nées à Chalancey et âgées : Eugénie Viard, 86 ans, et Marie Bernard, 75 ans, sont maintenant seules. De même que Alice Sauvageot (veuve d’Adrien Sauvageot qui était bûcheron), couturière de 39 ans née à Celsoy qui vit avec son fils Lucien 11 ans.
Plusieurs familles ont des domestiques qui sont des enfants de l’Assistance Publique : Louise Marie 16 ans chez G.Gardien, Lucien Pied-de-Seaux 16 ans chez L.Masson et Auguste Breyet 17 ans chez Monniot. Le prêtre n’habite pas le village.

Depuis le dernier recensement1 de 1911 (voir : note 1), la population a diminué. On comptait alors 23 maisons occupées, 24 ménages et 79 individus. Parmi les familles qui ne sont plus là, on trouve celle d’Émile Baillet, charron et maire de l’époque, la famille de Lucien Valdan, maçon à Grancey (marié à Emilia Chary, ils ont repris le café de gare de Vivey-Chalmessin), l’institutrice Marie Laverne et sa famille (un mari horloger et une petite fille). Dominique Gambroni, italien, et sa domestique (compagne?) Louise Chaptinel sont repartis. Les sœurs Maria et Julia Mielle nées à Auberive, alors agées de 64 et 66 ans ne sont plus présentes en 1921. Des personnes âgées de 70 ans et plus : Louis Viard, ou Jean-Baptiste Votrot et sa femme Anna sont certainement décédées.
On ne trouve pas de jeunes hommes qui devaient mourir durant la guerre de 14-18. Il est difficile de dire si la grippe espagnole a causé la mort de plusieurs personnes comme ailleurs en Europe où l’épisode des années 1920/1921 fut plus destructeur que la Grande Guerre.
Mais ce qui fait surtout baisser le nombre d’habitants durant ces 10 années, c’est le fait qu’en 1911, il y avait dans les familles de Chalmessin 11 pupilles de l’assistance encore enfants ou servant de domestiques dont 4 de la même fratrie, les Piatti de Chamouilley agés de 5 à 17 ans et répartis dans 3 familles du village.

Quelques années plus tard, la population de Chalmessin à quand même légèrement augmenté puisqu’en 1926, on dénombre 75 individus dont une étrangère, une polonaise de 29 ans domestique, et un militaire présent au village et décompté à part. Il y a 24 ménages occupant 24 maisons et les familles Masson sont toujours l’écrasante majorité : 10 familles pour 38 personnes (il y a une famille de 7 enfants). Il y a 4 domestiques dont la polonaise, un enfant de l’assistance, et un jeune homme de 18 ans, français d’origine algérienne. L’instituteur nommé Berruet agé de 28 ans vient de Melleroy, et il vit avec sa mère. On ne note qu’une famille nouvelle, les Tortelier dont le chef est cantonnier venu d’Ormancey (ou Vivey ?), agé de 27 ans comme sa femme, avec un nouveau-né.

Par la suite , la population va décroître jusqu’aux années 60 puis remonter légèrement, avant la fusion avec les 4 autres villages pour devenir Vals-des-Tilles :

  • 1931, 73 habitants et 3 ouvriers comptés à part ;
  • 1936, 63 habitants ; 1946, 58 hab.; 1954, 51 hab.;
  • 1962, 63 hab.; 1968, 68 hab. ...

note 1 : à cette époque , on recense la population tous les 5 ans : 1891, 1896, 1901, 1906, … mais le recensement de 1916 n’a pas eu lieu à cause de la Grande Guerre.

Si vous voulez connaître vos ancêtres, et que votre famille est originaire d’ un petit village du département, c’est assez facile. Il faut aller sur le site des Archives Départementales 52 : utilisez d’abord les recensements qui ont lieu tous les 5 ans, accessibles de 1846 à 1936, puis les tables décennales qui vous donnent la liste des naissances, décès et mariages de 1803 à 1902, et les registres d’état-civil d’avant la révolution jusqu’à aujourd’hui.

Le site Geneanet est très complet et quelqu’un a peut-être déjà fait une généalogie qui recoupe la votre. Autrefois, les gens bougeaient peu ; ils se mariaient avec quelqu’un du village ou d’un village voisin, souvent au village de la jeune fille, pour se réinstaller dans le village du garçon ; il y a de très nombreuses naissances par famille, et beaucoup de bébés qui ne survivent pas aux premiers mois. En 1920 , l’espérance de vie des femmes et des hommes avoisine les 50 ans.

Pascal Légeard

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Les cinq villages sur la carte :