
Ce village est situé à l’une des deux sources alimentant la Tille de Villemervry, avec Lamargelle-aux-Bois. Parce qu’il est situé dans un vallon sur le replat du plateau de Langres, il est possible que la forme Chese messein du XIIe siècle, indique des maisons (latin Casa) cachées (du vieux français musser). Le lieu était déjà habité à l’époque romaine, comme l’atteste les vestiges d’habitat gallo-romain de Champ Dolent contre le village actuel, et les incinérations mal datées découvertes dans une carrière de sable dominant le village.La seigneurie faisait autrefois partie du domaine de la maison de Grancey, bien que l’abbaye d’Auberive y possédait le tiers de la justice. Par arrêté préfectoral du 28 avril 1972, les communes de Chalmessin et Villemervry ont fusionné, pour donner naissance à la commune de Chalmessin, laquelle a fusionné peu après avec les communes de Lamargelle-aux-Bois, Musseau et Villemoron (arrêté du 12 mars 1973), pour donner naissance à la commune du Val-des-Tilles.
Découverte du patrimoine

1 - La salle des fêtes
Après vous êtres garés sur le parking de la salle des fêtes du Val-des-Tilles, observez l’architecture de cette dernière, qui allie architecture traditionnelle et contemporaine. C’est une ancienne ferme qui a été réhabilitée dans les années 1990 par la mairie, sur les plans de l’architecte chaumontais Bernard Grolleau, et qui sert aujourd’hui de salle commune à tous les habitants du Val-des-Tilles.2 - Maison de manouvriers
Engagez-vous dans la rue principale (qui a pour nom « Rue des Provenchères »), jusqu’au n°23. C’est une petite maison de manouvriers sans étage, qui offre au-dessus de la fenêtre d’entrée, un cartouche de fondation encadré par deux cœurs renversés, symboles du bonheur : « FAIT PAR NICOLAS CHABRAT LAN 1845 ».3 - Mairie
Poursuivez un peu plus loin jusqu’à la mairie. Sur son emplacement existait la « maison Parmain », achetée en décembre 1846 par les élus pour 2100 francs et démolie, en vue d’y construire une mairie-école moderne. C’est M. Baillet maçon à Musseau qui la construira fin 1847, sur les plans de l’architecte Gaullet fils, pour 4830 francs.4 - Ancienne ferme
5 - La croix
Arrivé au carrefour principal, on aperçoit à gauche sous un tilleul, une croix bouletée du XIXe siècle non datée, avec une inscription à la base du fût : « A LA DEVOTION DE PIERRE MONIOT ». Sur chaque face est sculptée la couronne d’épines, et en haut du fût sont représentés superposés un cœur et une étoile à cinq branches, symboles christiques et mariaux.6 - Le lavoir
De l’autre côté du carrefour on aperçoit le lavoir, situé au cœur du village. L’architecte Lenoir en a réalisé les devis et plans le 15 mars 1847, et le lavoir très original a été réalisé la même année. C’est un édifice communal très ingénieux à double circulation d’eau à partir d’une borne unique, à la fois vers l’abreuvoir extérieur pour le bétail et vers les bassins intérieurs pour les lavandières. On remarquera comme à Musseau, les deux becs opposés en bronze jetant l’eau, en forme de dragons. Ce lavoir toujours en eau, a laissé la place à un dépôt de livres, de vêtements et de dépliants touristiques, à la disposition des habitants et des passants.7 - Ancienne ferme traditionnelle
8 - L'église
En montant légèrement la « Rue de la Fontaine au Loup », on aperçoit l’église à flanc de coteau, sous le vocable de N-Dame de la Nativité. Elle était autrefois succursale de celle de Chalancey. Mais au XVIIe siècle, l’église de Musseau ayant été érige en paroisse curiale, celle de Chalancey devint succursale de celle de Musseau, bien qu’elle ait toujours été desservie par le vicaire de Villemervry dépendant de Grancey. Depuis la Révolution, l’église de Chalancey est une succursale de celle de Lamargelle-aux-Bois.(note)Au sortir de la Révolution, l’ancienne église de la fin du XIIe siècle apparaît peu pratique : « le chœur et la sacristie sont absolument comme une espèce de caveau extrêmement sombre et humide,ne recevant le jour que par deux ouvertures plus semblables à des larmiers qu’à des fenêtres », Un devis pour l’élargissement d’un chœur réalisé à trois pans et aligné sur la nef, l’ouverture de fenêtres adéquates et la reconstruction de la sacristie en prolongement du chœur à l’est, est réalisé pour 4287,03 francs par Nicolas Maîtrot entrepreneur en bâtiments à Marey-sur-Tille (Côte d’Or). Les travaux seront entièrement réalisés en 1828 par Claude Monniot à Marey-sur-Tille moyennant un léger rabais, et réceptionnés en août 1830.
En 1850, le petit clocher en bois est en mauvais état, et a besoin d’être reconstruit à neuf. Un devis est présenté par l’architecte chaumontais Pierre Gaullet pour 2365,68 francs, comprenant la reconstruction d’ « une haute flèche en pierre », de toute la façade et la réalisation de la couverture de l’édifice en ardoises. Réceptionnée en octobre 1850, c’est la façade que l’on voit encore aujourd’hui, avec une pierre commémorative en bas du pied droit à gauche de la porte d’entrée : « POSEE PAR M.RAMAGET ADJOINT DE CHALMESSIN, LE 4 JUIN 1850 ».
Le mur du cimetière, en ruines depuis le début du siècle, sera reconstruit à neuf en 1896.
9 - Portails
10 - Toit en laves
Poursuivant dans la rue, on trouve juste avant le n°3 sur la gauche, une grange encore couverte en laves qui a perdu ses portes. Le pied droit en pierre de gauche est joliment chanfreiné, pour laisser autrefois entrer les voitures de foin. Remarquer au plafond, les clayonnages en noisetier tressés destinés à supporter les tisses de foin, selon un mode traditionnel autrefois très répandu, parfois remplacé par de simples perches de noisetiers posées parallèlement pour le même usage.11 -Le pont
Arrivés au carrefour de la « Rue du vieux Lavoir », on peut s’avancer jusqu’au petit pont surbaissé en pierres. A l’aval, on aperçoit la bouche d’entrée de la Tille en souterrain sous le village. A l’amont du pont, dans ce qui est aujourd’hui un pré, était autrefois un gué (ou guévoir), sorte de mare destiné aux animaux de retour des champs, afin de tremper leurs pieds pour les nettoyer et les délasser.12 - Grange
Continuer dans la « Rue de la Côte Vautrot » jusqu’à la « Rue du Pré Lézard » que l’on suivra, jusqu’à rencontrer la « Rue des Provenchères ». A l’angle de ces deux rues remarquer à gauche un bâtiment perpendiculaire à la rue, présentant une grange encadrée par deux écuries, dont les portes sont surmontées par un linteau en demi-lune pour la première et triangulaire pour la seconde, typiques du XVIIe siècle dans nos régions. Observer la porte de grange chevillée de chevilles en chêne à l’ancienne, et la trace d’aiguisage des outils aratoires sur le montant de gauche.13 - Maisons du XIXe siècle
On traversera de part en part le village, pour rejoindre le parking de la salle des fêtes du Val-des-Tilles.
S’il vous reste un peu de temps pour une immersion Nature, rendez-vous sur le parking de la réserve naturelle nationale de Chalmessin, à environ 600m au nord du village direction Vivey. C’est une réserve de 124 Ha classée réserve nationale en 1993, véritable marais tufeux dans son écrin forestier au patrimoine naturel exceptionnel. Un sentier de 2 ou 3 Km aménagé en 2010 en fait le tour, agrémenté de panneaux pédagogiques.
Bonne balade !..
Voir aussi sur Chalmessin :
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