Villemoron

Ce village de 944 Hectares, fait partie depuis 1973 de la commune du Vals des Tilles, formée par la réunion de Chalmessin (chef-lieu actuel), Lamargelle-aux-Bois, Musseau, Villemervry et Villemoron. Situé à l’extrême sud du canton d’Auberive, à proximité d’une des sources de la Tille, ce village est le dernier de la Haute-Marne contre la Côte d’Or, dans un secteur vallonné et boisé particulièrement pittoresque. Il est situé juste en dessous de la grande faille de Chassigny-Chalancey qui travers le vaste plateau bathonien de la Montagne de Langres.

Montrant des traces d’occupation Néolithique, son territoire a été occupé par les romains et a du être occupé à l’époque mérovingienne. En effet, au nord du village la source de «La Tille de Villemoron» (affluent de la Tille) qui coule entre deux coteaux portant les noms de «Mont au Plain» et «Château-Lion» (en patois «Châtoillon»), peut nous faire penser à cause de ce dernier terme, que le site de l’éperon a pu être occupé vers la fin de l’époque mérovingienne par un retranchement qui dominait la voie antique transitant le long de la vallée de la Tille de Villemervry. Le village de Villemoron, fondé au début du second millénaire, appartenait au XIIe siècle à des seigneurs prenant le nom du village (comme Jean de Villemoron), avant d’être partagé dans le siècle suivant, entre plusieurs familles particulières, les seigneurs de Chalancey et de Salives, ainsi que l’abbaye d’Auberive pour les tierces et les dîmes, ces dernières encore indivises avec l’hôpital de Sussy.

Au XVIe siècle, la seigneurie appartenait pour partie à Guillaume d’Hautemère (administrateur pour l’évêque de la seigneurie de Grancey-le-Château) et la famille Duval bien présente dans la région, avant que le territoire soit annexé en totalité dans la maison de Grancey ; la communauté des habitants dépendra, elle, et jusqu’à la Révolution, de la Généralité de Bourgogne et du baillage de Châtillon-sur-Seine.

Le village actuel qui s’est développé autour de trois chemins en étoile, dont l’église occupe fièrement le centre. Il possède un habitat particulièrement remarquable témoin des activités passées de ses habitants, dont la principale caractéristique réside dans les nombreuses lucarnes sous toiture, rencontrées habituellement sur les maisons bourgeoises des grosses bourgades et les villes.

Visite

1 - Maison de laboureur

Petite maison de laboureur (début XXe siècle) en bordure de la Tille de Villemoron, avec son «œil de bœuf» à volet sur rue et vestiges d’un charmant lavoir domestique couvert contre la rivière. On observera les marques d’assemblage sur les jambages de la porte de grange faites par les maçons dans la plus pure tradition, ainsi que la chambre à four à l’arrière, couverte en laves, un des derniers témoins des modes anciens de couverture de la Montagne de Langres, avant l’arrivée de la tuile à la fin du XIXe siècle.

2 - Mairie-école

Mairie-école au linteau évocateur composé par le maçon-tailleur de pierres Claude Collombel de Cussey-les-Forges, qui a reconstruite la ruine achetée en 1839 par la municipalité pour en faire la maison commune. Elle est composée de deux parties presque symétriques, abritant autrefois au rez-dechaussée à gauche la classe unique de l’école et le logement de l’instituteur à droite de la porte d’entré, ainsi que la mairie à l’étage. Remarquer à l’extérieur l’«œil de bœuf» en façade, et sur le pignon de gauche, les vestiges de latrines médiévales en débord (provenant de l’ancienne maison-forte), installées en 1883 quand la cour de l’école a été réduite et les latrines primitives détruites à l’occasion de l’élargissement de la voirie. A l’extérieur, bordant la ruelle à droite, on observera un appentis encore couvert de laves.

3 - Corps de ferme du XVIIIe siècle

Magnifique corps de ferme du XVIIIe siècle, avec ses trois «chats» ou «rains» (c.a.d travées) et sa volumineuse chambre-à-four composite en retour d’angle. Cette maison, qui a appartenu au tailleur de pierres-maçon Jean Collombel et Marguerite sa femme dans la seconde moitié du XIXe siècle, a été magnifiquement restaurée et agrandie par ce dernier, agrémentant la porte du logis d’un perron ouvragé, surmontant la porte d’entrée d’un linteau triangulaire présentant au milieu d’un cercle chaîné, les outils de sa profession (marteau, équerre, burin et marteau taillant). Remarquer la seconde porte, qui ouvre sur un escalier en pierre monumental menant à l’étage ainsi que l’entrée imposante de la cave, à l’entourage particulièrement soigné.

4 - Moulin médiéval

De l’ancien moulin médiéval (entièrement reconstruit), il ne reste plus que le bief remarquablement entretenu, qu’on pourra observer depuis le pont enjambant la Tille, avec ses empalements (vannages). Une petite huilerie existait autrefois, bordant la rivière, juste en amont du pont autrefois en bois mais reconstruit en 1832.

5 - Ferme du Château

Au fond d’une impasse à vocation agricole, subsiste la «Ferme du Château» entièrement reconstruite au XIXe siècle, qui jouxtait l’ancienne maison-forte (rasée), autrefois située dans la prairie à gauche de la ferme. L’ensemble, mal restauré, n’a que le mérite de son passé historique.

6- Façade du XVIIIe siècle

Cette façade du XVIIIe siècle, avec ses nombreuses ouvertures à linteaux délardés et ses lucarnes sous toiture, est le témoin d’une imposante maison bourgeoise trônant au centre du village. La cheminée monumentale du rez-de-chaussée nous apprend qu’elle aurait été construite en 1764 par un notable local. On remarquera à droite dans la cour, la monumentale pierre de meule dans son auget provenant de l’ancien moulin-huilerie à chevaux, autrefois située dans la même cour à l’emplacement de la piscine moderne.

7 - Fontaine-abreuvoir

La fontaine-abreuvoir fut réalisée en 1876 sur les plans de l’architecte Michaut, grâce à un emprunt communal de près de 3000Francs. Il résulte de la demande des ménagères et participe comme tous ses congénères, aux progrès de l’hygiénisme dans nos campagnes.

8 - Maison d’artisan

Curieuse maison d’artisan à deux foyers (début XVIIIe siècle ?), l’un occupant le rez-de-chaussée et l’autre l’étage, auquel on accède au moyen d’un passage dallé surplombant la cave commune menant à un escalier extérieur en pierres sur façade.

9 - Maison de manouvrier

Petite maison de manouvrier typique du XIXe siècle sur deux étages, avec escalier extérieur en pierres sur façade aujourd’hui disparu au profit de la voirie. A droite, est accolé un appentis fonctionnel comme on en aperçoit plusieurs dans le village, regroupant une soue à cochons et un poulailler le surmontant, dont la planche d’accès a disparu.

10 - Corps de ferme du XIXe siècle

Corps de ferme du XIXe siècle traditionnel de la Montagne de Langres (avec lucarnes sous toiture) constitué de trois «chats» typiques : habitation à gauche, grange au centre et écurie à droite, avec adjonction d’une chambre à four dans l’angle gauche du bâtiment.

11 - Maison d’artisan

Maison d’artisan au nord de l’église, ouvrant sur une petite cour intérieure fermée d’une grille sur muret. Bien que remaniée, on aperçoit encore sa pierre d’évier à droite de la porte, une grange et un atelier dans l’aile gauche en retour ainsi qu’un jardin derrière le tout. Le mur pignon sur la rue (face à l’église), présente un ensemble typique de pierres passantes (encore appelées boutisses) destinées à consolider les deux parements du mur dans lequel elles s’insèrent, tout en agrémentant ce grand mur d’un jeu d’ombres et de lumière. On observera que la boutisse la plus élevée, sert de planche d’envol à un petit pigeonnier domestique de belle facture.

12 - L’église

L’église a été réalisée au cours de trois périodes différentes. Des origines subsiste le chœur des XIIe-XIIIe siècles, avec la curieuse baie géminée du chevet, unique dans la région (ou l’on trouve plutôt des triplets) et les culots des retombées d’ogives anthropomorphes. La nef menaçant ruine au début du XVIIIe siècle, fut reconstruite à une époque où eurent lieu de grands travaux à l’église dans les années 1739-1740. Quant au clocher situé sur l’entrée de l’église, il se trouve en 1889 «lézardé et incliné» menaçant de s’effondrer sur la maison située face au portail. Il sera démoli en 1890-1892 et reconstruit en 1896 dans son état actuel (par voie de subventions et souscription volontaire des habitants pour plus de 6000Francs) par l’entrepreneur Gérouville de Villegusien, qui réalisa encore les ouvertures en lancette de la nef en remplacement de l’unique fenêtre en plein cintre encore perceptible au sud.

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