Lamargelle il y a 100 ans … au recensement de mars 1921...
Le village de Lamargelle compte 63 habitants répartis en 15 ménages qui occupent 13 maisons ( au moins 6 sont inoccupées ou inhabitables) et les 2 maisons de garde-barrière sur la ligne ferroviaire qui passe au-dessus du village (barrière n°5 au carrefour des routes Lamargelle-Poinsenot et Grancey-Vivey, et la barrière n°6 dite des Autures, elles sont occupées depuis l’ouverture de la ligne en 1885 par des employés de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.)
Le village a connu de grands bouleversements depuis 10 ans avec le conflit mondial ; 13 personnes qui vivaient à Lamargelle sur les 60 recensées en 1911 sont décédées, dont 5 jeunes hommes tués durant la guerre :
Camille Claudon, 38 ans, Victor, 36 a. et Georges Journée, 23 a. (cette famille perd également Henri, 31 a. qui résidait ailleurs en 1911, et la fille récemment mariée Laure, 34 a., en 1922) ;Basile Masson, 29 a., Lucien Masson, 22 a. (et Lucie morte en 1921, 22 a.).
Les plus âgés sont morts naturellement ou un peu prématurément (de la grippe espagnole?) :Charles Claudon, 80 a. et Célénie Claudon-Villemot, 70 a., Françoise Villemot-Mallard, 89 a., Auguste Clerc, 59 a., Appoline Roy-Guilleminot, 80 a., Jules Chalmandrier, 78 a., Eugène Dormoy, 21 a.
C’est grâce à l’arrivée (temporaire) de nouvelles familles que la population du village n’a pas diminué entre 1911 et 1921, elle a même remonté en peu.
Les époux Journée, lui Victor, 71 a., et Sidonie Journée-Dormoy, 65 a., restent seuls, ayant perdus leurs 3 garçons. Leur fille Laure, 33 a., qui décédera en 1922, a épousé en 1912 Henri Bret, 38 a. de Santenoge ; elle garde avec lui la barrière des autures et il ont déjà 3 enfants, plus une nièce en garde (6 personnes au foyer.) L’autre barrière est occupée par la famille Pothus d’ Is-sur-Tille avec 3 enfants également.
Victor Dormoy, 59 a. (natif du village) et Eugénie Dormoy-Noirot, 57 a. (Minot), cultivateurs, ont 2 enfants Gaston et Suzanne ; il hébergent également leur fille aînée Eugénie mariée avec Ernest Poisot de Cussey (non présent) et ses 3 jeunes enfants. Il ont 1 jeune domestique, André Villemot, 16 a. de Lamargelle.
Revenus vivre à Lamargelle ces dernières années : Auguste Dormoy, 63 a. (né à Lamargelle, frère de Victor) et Justine Dormoy-Belin, 58 a. (Minot) avec leur fille Héléne, 22 a. ; ils sont cultivateurs. De même que son fils, Henri Dormoy, 28 a. et Louise Dormoy-Camus, 25 a. (de Villemervry), leur bébé Lucie et une domestique Henriette Garcin, 21 a.

Depuis la mort de son époux Camille, Mathilde Moilleron-Claudon, 42 a. (Vaillant) a continué la culture avec l’aide de son fils Charles, 20 a. ; il y a aussi 2 enfants plus petits, Charlotte 11 a. et Marcel 8 a., et un domestique de Vesvres-sous-Chalancey, Jules Berthot, 33 a.
Léon Masson, 36 a. s’était marié en 1911 à Praslay avec Clémence Masson-Mielle, 29 a. d’Auberive et les 2 jeunes enfants du couple, Raymond (né en 1912) et René (1913) lui avaient évité de partir au front et de connaître le destin tragique de ses 2 frères Basile et Lucien. Un autre enfant est né en 1920 André, et les parents Ernest, 63 a. et Alphonsine Masson-Gaudiet, 63 a. (Villars-Montroyer) habitent avec la famille, et participent au travail de la ferme. Ils emploient un couple de manouvriers, Simon Lemoine de Préforché (58) , 46 a. et Marie Lemoine-Parmain, 41 a. (Courlon), qui habitent le village depuis plus de 15 ans, et qu’on retrouvera au moulin de Vauxin à Villemervry en 1926.
Après la mort de son père Auguste, en 1911, Edmond Clerc, 41 a. dirige la ferme avec sa femme Égérie Clerc-Marquet, 31 a. de Vernois-lès-Vesvres (21) ; ils ont un enfant Edmond, 7 a., et la mère Émélie Masson-Clerc, 66 a. habite avec eux ; il y a un domestique, Albert Dupuy, 18 a. de Grancey.De la famille d’Élie Villemot, 63 a., qui se composait de 5 personnes en 1911, il ne reste plus qu’Élie : son épouse Marie Villemot-Claudon (née à Aulnoy en 1869) et sa mère Françoise Villemot-Mallard (Courlon, 1834) sont décédées et ses 2 filles Alice et Blanche se sont mariées respectivement en 1920 et 1917, et sont parties vivre ailleurs avec leurs époux.
En 1921, à Lamargelle, il n’y a plus de personnes très âgées, à part Auguste Roy, 79 a. qui héberge sa petite fille Julia Boda-Roy, 28 a. ; sa femme Alphonsine est morte et sa fille Marie-Sidonie également, la mère de Julie, décédée en 1902.
Pas de prêtre habitant le village mais toujours une institutrice Marie Laverne, 56 a. de Thivet, avec son mari Henri, 51 a. de Cussey, qui est horloger, et une fille Henriette née à Villemoron en 1803 (18 a). Arthur Lallement et Églantine, qui occupaient la barrière des autures en 1911, sont restés à Lamargelle, où il exerce le métier de bûcheron.
Le ménage de Firmin Devillers, 7 personnes en 1911 (père, mère, belle-mère, 3 enfants et un commis), ne sont plus présents au village en 1921, mais ils y seront de retour en 1926 !Peut-être sont-ils remplacés par une famille qui vient de Touraine, enregistrée au seul recensement de 1921 : Henri Tupin, 30 a. né à Bussières (21), Louise, 41 a. et ses 3 enfants nés d’autres unions, Louis Guilloteau, 18 a., Renée Lenoire, 15 a. et Madeleine Guilloteau, 14 a. ; avec un domestique Armand Troublé, 24 a. de Mouilleron.
Cinq années tard, en mars 1926, la population du village redescend à 54 habitants. La raison de cette baisse est que 3 ménages ont quittés le village : celui d’Eugénie Poisot-Dormoy et ses 3 enfants ; la famille d’Henri Dormoy et Louise Dormoy-Camus avec leur fille ; et la famille qui occupait la barrière des autures, 5 personnes, inoccupée maintenant. On remarquera que Firmin Devillers est revenu avec sa femme Marie Devillers-Villemot, et leurs 3 enfants, plus 1 domestique. Un nouveau ménage s’est formé par l’union de Charles Claudon avec Hélène Dormoy en 1922, et déjà 3 enfants.
Les années suivantes, la population va décroître encore puis remonter légèrement, et décroître à nouveau fortement avant la fusion avec les 4 autres villages pour devenir Vals-des-Tilles :1931, 50 habitants ; 1936, 45 habitants ; 1946, 50 hab.; 1954, 64 hab.; 1962, 68 hab.; 1968, 46 hab. … Aujourd’hui, plus qu’une vingtaine d’habitants.
Pascal Legeard